Le paysage de la transition énergétique au Maroc et à l’échelle du continent s’apprête à franchir une étape décisive avec l’activation d’un nouveau mécanisme de financement d’envergure. L’African Transition Acceleration Fund, connu sous l’acronyme ATAF, se positionne comme un acteur clé dans cette dynamique.
Ce fonds panafricain de capital-investissement, géré par African Infrastructure Investment Managers, a réalisé une levée de fonds de 200 millions de dollars en mars dernier, marquant un cap stratégique pour son développement.
Cette assise financière initiale a été rendue possible grâce à la mobilisation de capitaux provenant de partenaires institutionnels de premier plan, tels que Allied Climate Partners, FSD Africa Investments, la Société financière internationale et Proparco.
« L’ambition affichée est de canaliser des ressources substantielles vers le développement d’infrastructures énergétiques durables, contribuant ainsi à combler le retard persistant du continent dans ce domaine », souligne le quotidien L’Economiste dans son édition du 11 septembre.
Cette initiative survient dans un contexte marqué par un déficit structurel de financement des infrastructures en Afrique, évalué à près de 100 milliards de dollars chaque année. Ce décalage se fait d’autant plus sentir avec l’expansion rapide du marché des technologies propres, qui, évalué à 25 milliards de dollars en 2024, pourrait atteindre 200 milliards de dollars d’ici la fin de la décennie.
Malgré ces perspectives prometteuses, de nombreux projets peinent à passer les premières étapes de conception. Les obstacles sont multiples : des cadres réglementaires parfois dissuasifs, des risques de développement jugés élevés, des capacités institutionnelles à améliorer et des difficultés à élaborer des dossiers bancables.
Dans ce contexte, l’accès au capital en phase amont demeure un défi, car c’est à ce moment charnière que se dessine la viabilité future d’une infrastructure. Actuellement, le capital privé ne représente qu’environ 14 % des flux consacrés au climat sur le continent.
Pour faire face à cette carence, l’ATAF innove en se positionnant en amont du cycle de développement, là où les besoins se font le plus pressants.
« Pour son entrée en action, le fonds cible treize pays prioritaires, parmi lesquels figure le Maroc, aux côtés du Botswana, de la Côte d’Ivoire, de l’Égypte, du Ghana, du Kenya, de la Namibie, du Nigeria, du Sénégal, de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie, de l’Ouganda et de la Zambie », précise L’Economiste.
Dans ces marchés à fort potentiel, l’intervention se traduira par des prises de participation en fonds propres ou quasi-fonds propres dans près de quatorze entreprises ou plateformes spécialisées, avec des tickets d’investissement variant entre 10 et 30 millions de dollars.
Déployée sur une période de dix ans, cette stratégie vise à alimenter un vivier de projets solides et à accélérer l’essor de solutions concrètes autour de trois axes prioritaires : l’électricité propre, les molécules décarbonées et le transport durable.
