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Le déficit commercial s’aggrave

4 déc. 2019 L'Economiste

Difficile de combler le déficit des échanges commerciaux de biens. A fin octobre, il s'est creusé de 3,1% s'aggravant ainsi de 5,1 milliards de DH. Il s'est établi à 174 milliards de DH.  Les exportations comme les importations ont certes évolué dans les mêmes proportions (3,1%) mais en valeur les achats à l'étranger restent plus importants. Même si un léger répit est constaté du côté de la facture énergétique, qui a reculé de 6,6%, sa part dans le total des importations reste élevée: 15,6%.

La vigueur des importations des biens d'équipement et des demi-produits se poursuit. Les premiers ont atteint 105,9 milliards de DH en hausse de 9,4% et les deuxièmes 87 milliards de DH en accroissement de 5%. Cela s'explique par la poursuite de l'équipement pour les projets d'investissements.

Les dix premiers mois de l'année sont surtout marqués par la hausse des acquisitions d'avions et autres véhicules aériens ou spatiaux, les machines et biens divers ainsi que les voitures utilitaires.  Dans les demi-produits deux catégories ressortent: demi-produits en fer ou en aciers non alliés ainsi que les fils, barres et profilés en fer ou en aciers non alliés.

Les importations de produits finis de consommation et ceux alimentaires restent également sur un trend haussier. Ils représentent 36,6% du total des acquisitions à fin octobre. Dans une étude récente(1) , le ministère des Finances a relevé que la dynamique relative aux importations des biens d'équipement et demi-produits «reflète, aussi, le contenu élevé des exportations en intrants importés et la forte compétitivité des produits finis de consommation en provenance de l’étranger qui ont réussi à tirer profit de la vigueur du marché intérieur grâce à une offre de qualité et à meilleur prix».

D'ailleurs le ministère de l'Industrie a annoncé son intention de revoir certains accords de libre échange. Dans le viseur celui conclu avec la Turquie avec laquelle les échanges ont atteint 27 milliards de DH en 2018 contre 6,6 milliards en 2006. Ces échanges profitent, en particulier, à la Turquie puisque le déficit commercial avec ce pays s'est creusé à 16 milliards de DH en 2018 contre 4,4 milliards en 2006.

En parallèle, les IDE turcs au Maroc sont passés à 269 millions de DH l'année dernière contre 139 millions en 2017 et 603 millions en 2016. Près de 160 entreprises turques opèrent au Maroc notamment dans le  BTP, le commerce de gros et de détail ainsi que le textile. 

Côté export, une hausse de 3,1% est relevée dans un contexte international marqué par la montée du protectionnisme. Cette hausse provient de l'accroissement des exportations de l'agriculture et l'agro-alimentaire (+5,3%), l'aéronautique (+7,5%), des phosphates et dérivés (+0,9%) et de l'industrie pharmaceutique (+2%). Dans l'automobile les exportations ont progressé de 3,3% renvoyant ainsi à un ralentissement de la dynamique observée au cours des dernières années.

A l'occasion de la tenue de l'Observatoire international du commerce, Euler Hermes a souligné les difficultés de l'industrie automobile qui a fait face à un choc de régulation en Allemagne: «les chaînes de valeurs très complexes sont en train de se réorganiser et la transformation devrait prendre un peu de temps».

Ceci étant sur les quatre dernières années, la part du Maroc sur le marché mondial a légèrement progressé: Elle est passée à une moyenne annuelle de 0,15% contre 0,12% sur la période 2008-2014. Selon le ministère des Finances, «l'évolution de la part de marché du Maroc au cours des dernières années s'est produite dans un contexte marqué par une amélioration de la compétitivité-prix et une baisse du rythme de croissance du coût unitaire de la main-d'œuvre et également un renforcement de la part de produits à plus haute qualité au niveau des exportations marocaines». Celles-ci restent néanmoins concentrées sur la France et l'Espagne même si le nombre de marchés a augmenté (1,4% en moyenne annuelle entre 2000 et 2018). Mais le poids des pays émergents reste faible. 

Les dix premiers mois de l'année sont également marqués par une baisse des exportations de l'électronique, du textile et cuir ainsi que par celles des autres extractions minières.

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(1) Solde des échanges extérieurs: Contribution des facteurs structurels et cycliques

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